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Convention de la LNC Pro

Lors de l’Assemblée Générale- Convention de la Ligue Nationale de Cyclisme (LNC), son président Xavier Jan a livré une analyse lucide de la situation économique du cyclisme professionnel. Sans dramatisation excessive, mais sans faux-semblants, il a appelé l’ensemble des acteurs à engager une évolution du modèle afin d’en garantir la solidité et la pérennité.

« Nous devons regarder la réalité en face », a-t-il déclaré devant les représentants des équipes, des organisateurs et des institutions. Pour Xavier Jan, le modèle économique actuel atteint aujourd’hui ses limites, non pas par manque d’intérêt pour le cyclisme, mais en raison de fragilités structurelles devenues plus visibles dans un contexte économique tendu.

Les exemples récents illustrent ces difficultés. En France, la fin annoncée de la structure Arkéa B&B Hotels, pourtant performante sportivement, souligne la dépendance forte des équipes à leurs partenaires. À l’international, le retrait programmé de TotalEnergies, la fusion d’équipes en Belgique ou encore les incertitudes autour de certaines formations australiennes traduisent un environnement plus instable. Les chiffres confirment cette tendance : l’UCI recensait 27 équipes ProTeam en 2019, elles pourraient n’être plus que 16 en 2026, soit une baisse de près de 40 % en sept ans.

Au cœur du diagnostic figure la question du financement. Aujourd’hui, jusqu’à 80 % des budgets des équipes reposent sur le sponsoring. Un modèle historiquement efficace, mais devenu vulnérable lorsque la survie d’une structure dépend de la décision d’un nombre très limité de partenaires. À cela s’ajoute une singularité du cyclisme : les équipes, pourtant actrices principales du spectacle, bénéficient très peu des droits de diffusion, tandis que la billetterie et le merchandising restent marginaux.

Pour autant, la LNC ne se contente pas du constat. Xavier Jan a esquissé plusieurs pistes de travail : une réflexion sur une répartition plus équitable des droits télévisuels, l’étude d’un mécanisme de régulation salariale pour maîtriser les coûts, et la construction de marques d’équipes plus stables, moins directement liées à un sponsor unique. Une démarche qui vise à renforcer la résilience du système sans en bouleverser l’équilibre sportif.

Le président de la LNC a également tenu à rappeler les signaux encourageants. L’émergence de jeunes talents français comme Paul Magnier ou Paul Seixas, la dynamique du cyclisme féminin portée par la victoire de Pauline Ferrand-Prévot sur le Tour de France Femmes, mais aussi les initiatives institutionnelles – investissement dans la sécurité et lancement de la nouvelle formule de la Coupe de France avec la FDJ United Series diffusée sur Novo 19 – témoignent d’un sport vivant et attractif.

« Le cyclisme du XXe siècle appartient au passé », a conclu Xavier Jan, invitant les acteurs à accompagner cette transition avec lucidité et ambition, afin de bâtir un modèle économique plus solide, au service de l’avenir du cyclisme professionnel.