Le Tour du Finistère - Pays de Quimper souffle ses 40 bougies. Marc Fayet, président de l'épreuve, revient sans détour sur un anniversaire qui sonne comme une promesse, la montée en puissance des FDJ United Series, le défi de la télévision et la réalité souvent rude du métier d'organisateur.
LNC : 40 ans pour le Tour du Finistère - Pays de Quimper, qu'est-ce que ça représente ?
Marc Fayet : 40 ans, c'est le moment où on peut considérer qu'on est un adulte confirmé, que c'est le début de la maturité. C'est beaucoup dans l'histoire, mais c'est encore beaucoup d'espérance pour l'avenir. Ces épreuves qui ont 40, 30 ou 50 ans s'inscrivent désormais comme des moments presque incontournables du calendrier français. Le Tour du Finistère - Pays de Quimper s'affirme comme un passage très attendu dans toute la Bretagne, et notamment dans le Finistère.
LNC : Le passage de la Coupe de France FDJ aux FDJ United Series a-t-il changé quelque chose ?
Marc Fayet : Dès qu'il y a une volonté de changer l'image, de la rendre plus internationale, c'est une bonne chose. Ça redynamise, ça donne la sensation qu'on n'est pas sur quelque chose qui se renouvelle chaque année à l'identique. Plutôt que de dire Coupe de France, qui peut être restrictif, l'appellation FDJ United Series, sous ce nouveau modèle, avec tout ce que la LNC a mis en place, ça ne peut être que dans la bonne direction. Surtout au moment où le cyclisme mondial va certainement se réformer de plus en plus.
LNC : La venue de Movistar et la victoire de Barrenetxea, c'est un signal fort ?
Marc Fayet : Pour une épreuve du bout de la France, où il est difficile d'attirer les équipes World Tour, l'envie de Movistar de venir et en plus de gagner, c'est un très bon indicateur. Ça montre que les FDJ United Series peuvent attirer des équipes de dimension mondiale. Barrenetxea a remporté le lendemain les Boucles de l'Aulne, il a fait un coup double. Ça montre la volonté d'une équipe qui venait pour gagner. Ils étaient au-dessus, et c'est tout bon pour l'épreuve.
LNC : La diffusion sur le site internet NOVO, c'est une avancée pour votre épreuve ?
Marc Fayet : C'est compliqué à expliquer. Il y a la distinction entre être diffusé en linéaire sur la chaîne et passer uniquement sur le site Internet. Sans le budget pour la captation télévisée, il faut que ce soit volontaire pour aller sur le site. C'est hyper accessible, mais pour les partenaires, c'est toujours difficile d'expliquer que oui, c'est télévisé, mais non, ça ne passera pas sur la chaîne en allumant la télé. C'est une nouvelle éducation, une nouvelle manière de consommer le sport. Les chiffres sont bons, mais le travail de pédagogie reste entier.
LNC : Passer en linéaire sur NOVO, est-ce un objectif à court terme ?
Marc Fayet : Le premier objectif, c'est déjà de trouver le budget pour monter l'épreuve. Il y a beaucoup de travail, de difficultés, parfois des divorces avec certains partenaires. Monter l'épreuve, c'est déjà l'essentiel. La télé en linéaire, c'est le plus. La captation actuelle est de qualité, avec les motos et les caméras à l'arrivée. Le maximum dépendra de la prospection à venir. Ce ne peut pas être un objectif en soi, parce que ce n'est pas un argument suffisant auprès des annonceurs.
LNC : La recherche de partenaires, c'est le nerf de la guerre ?
Marc Fayet : Les interlocuteurs ne connaissent pas tous le vélo. Certains viennent par passion du cyclisme, d'autres raisonnent uniquement en termes d'exposition. Il faut leur raconter toute une histoire, leur faire envie. Ce n'est pas uniquement en parlant de télévision. L'épreuve existe aussi grâce à son identité régionale et locale, et ça, les partenaires y sont sensibles. C'est même parfois ce qu'ils retiennent le plus.